lunes, 11 de mayo de 2015

Último tango

«Lo que pasa es que en Occidente la palabra masculina ha desaparecido. Lo que los varones piensan, nadie más lo sabe. Una hipótesis horrible, pero verosímil, es que no han cambiado; sólo han aceptado cerrar la boca. El varón occidental ya no habla; la mujer sí. La vida mental masculina ahora es algo desconocido, y por eso es verosímil pensar que el varón estaría dispuesto, si se presentara el caso, a una vuelta inmediata al patriarcado. [Mis novelas] las mujeres pueden leerlas para enterarse de lo que realmente piensan los hombres.»



Pendant toutes les années de ma triste jeunesse, Huysmans demeura pour moi un compagnon, un ami fidèle ; jamais je n'éprouvai de doute, jamais je ne fus tenté d'abandonner, ni de m'orienter vers un autre sujet ; puis, une après-midi de juin 2007, après avoir longtemps attendu, après avoir tergiversé autant et même un peu plus qu'il n'était admissible, je soutins devant le jury de l'université Paris IV – Sorbonne ma thèse de doctorat : Joris-Karl Huysmans, ou la sortie du tunnel. Dès le lendemain matin (ou peut-être dès le soir même, je ne peux pas l'assurer, le soir de ma soutenance fut solitaire, et très alcoolisé), je compris qu'une partie de ma vie venait de s'achever, et que c'était probablement la meilleure.
   Tel est le cas, dans nos sociétés encore occidentales et social-démocrates, pour tous ceux qui terminent leurs études, mais la plupart n'en prennent pas, ou pas immédiatement conscience, hypnotisés qu'ils sont par le désir d'argent, ou peut-être de consommation chez les plus primitifs, ceux qui ont développé l'addiction la plus violente à certains produits (ils sont une minorité, la plupart, plus réfléchis et plus posés, développant une fascination simple pour l'argent, ce « Protée infatigable »), hypnotisés plus encore par le désir de faire leurs preuves, de se tailler une place sociale enviable dans un monde qu'ils imaginent et espèrent compétitif, galvanisés qu'ils sont par l'adoration d'icônes variables : sportifs, créateurs de mode ou de portails Internet, acteurs et modèles.
   Pour différentes raisons psychologiques que je n'ai ni la compétence ni le désir d'analyser, je m'écartais sensiblement d'un tel schéma. Le 1er avril 1866, alors âgé de dix-huit ans, Joris-Karl Huysmans débuta sa carrière, en tant qu'employé de sixième classe, au ministère de l'Intérieur et des cultes. En 1874, il publia à compte d'auteur un premier recueil de poèmes en prose, Le drageoir à épices, qui fit l'objet de peu de recensions hors un article, extrêmement fraternel, de Théodore de Banville. Ses débuts dans l'existence, on le voit, n'eurent rien de fracassant.
   Sa vie administrative s'écoula, et plus généralement sa vie. Le 3 septembre 1893, la Légion d'honneur lui fut décernée pour ses mérites au sein de la fonction publique. En 1898 il prit sa retraite, ayant accompli – les disponibilités pour convenances personnelles une fois prises en compte – ses trente années de service réglementaires. Il avait entretemps trouvé le moyen d'écrire différents livres qui m'avaient fait, à plus d'un siècle de distance, le considérer comme un ami. Beaucoup de choses, trop de choses peut-être ont été écrites sur la littérature (et, en tant qu'universitaire spécialisé dans ce domaine, je me sens plus que tout autre habilité à en parler). La spécificité de la littérature, art majeur d'un Occident qui sous nos yeux se termine, n'est pourtant pas bien difficile à définir. Autant que la littérature, la musique peut déterminer un bouleversement, un renversement émotif, une tristesse ou une extase absolues ; autant que la littérature, la peinture peut générer un émerveillement, un regard neuf porté sur le monde. Mais seule la littérature peut vous donner cette sensation de contact avec un autre esprit humain, avec l'intégralité de cet esprit, ses faiblesses et ses grandeurs, ses limitations, ses petitesses, ses idées fixes, ses croyances ; avec tout ce qui l'émeut, l'intéresse, l'excite ou lui répugne. Seule la littérature peut vous permettre d'entrer en contact avec l'esprit d'un mort, de manière plus directe, plus complète et plus profonde que ne le ferait même la conversation avec un ami – aussi profonde, aussi durable que soit une amitié, jamais on ne se livre, dans une conversation, aussi complètement qu'on ne le fait devant une feuille vide, s'adressant à un destinataire inconnu. Alors bien entendu, lorsqu'il est question de littérature, la beauté du style, la musicalité des phrases ont leur importance ; la profondeur de la réflexion de l'auteur, l'originalité de ses pensées ne sont pas à dédaigner ; mais un auteur c'est avant tout un être humain, présent dans ses livres, qu'il écrive très bien ou très mal en définitive importe peu, l'essentiel est qu'il écrive et qu'il soit, effectivement, présent dans ses livres (il est étrange qu'une condition si simple, en apparence si peu discriminante, le soit en réalité tellement, et que ce fait évident, aisément observable, ait été si peu exploité par les philosophes de diverses obédiences : parce que les êtres humains possèdent en principe, à défaut de qualité, une même quantité d'être, ils sont tous en principe à peu près également présents ; ce n'est pourtant pas l'impression qu'ils donnent, à quelques siècles de distance, et trop souvent on voit s'effilocher, au fil de pages qu'on sent dictées par l'esprit du temps davantage que par une individualité propre, un être incertain, de plus en plus fantomatique et anonyme). De même, un livre qu'on aime, c'est avant tout un livre dont on aime l'auteur, qu'on a envie de retrouver, avec lequel on a envie de passer ses journées. Et pendant ces sept années qu'avait duré la rédaction de ma thèse j'avais vécu dans la compagnie de Huysmans, dans sa présence quasi permanente. Né rue Suger, ayant vécu rue de Sèvres et rue Monsieur, Huysmans est mort rue Saint-Placide avant d'être inhumé au cimetière du Montparnasse. Sa vie presque entière en somme s'est déroulée dans les limites du sixième arrondissement de Paris – comme sa vie professionnelle, pendant plus de trente ans, s'est déroulée dans les bureaux du ministère de l'Intérieur et des cultes. J'habitais alors moi aussi le sixième arrondissement de Paris, dans une chambre humide et froide, extrêmement sombre surtout – les fenêtres donnaient sur une cour minuscule, presque un puits, il fallait allumer dès le début de la matinée. Je souffrais de la pauvreté, et si j'avais dû répondre à l'un de ces sondages qui tentent régulièrement de « prendre le pouls de la jeunesse », j'aurais sans doute défini mes conditions de vie comme « plutôt difficiles ». Pourtant, le matin qui suivit la soutenance de ma thèse (ou peut-être le soir même), ma première pensée fut que je venais de perdre quelque chose d'inappréciable, quelque chose que je ne retrouverais jamais : ma liberté. Pendant plusieurs années, les ultimes résidus d'une social-démocratie agonisante m'avaient permis (à travers une bourse d'études, un système de réductions et d'avantages sociaux étendu, des repas médiocres mais bon marché au restaurant universitaire) de consacrer l'ensemble de mes journées à une activité que j'avais choisie : la libre fréquentation intellectuelle d'un ami. Comme le note avec justesse André Breton, l'humour de Huysmans présente le cas unique d'un humour généreux, qui donne au lecteur un coup d'avance, qui invite le lecteur à se moquer par avance de l'auteur, de l'excès de ses descriptions plaintives, atroces ou risibles. Et cette générosité j'en avais profité mieux que personne, recevant mes rations de céleri rémoulade ou de purée cabillaud, dans les casiers de ce plateau métallique d'hôpital que le restaurant universitaire Bullier délivrait à ses infortunés usagers (ceux qui n'avaient manifestement nulle part où aller, qui avaient sans doute été refoulés de tous les restaurants universitaires acceptables, mais qui cependant avaient leur carte d'étudiant, on ne pouvait pas leur enlever ça), lorsque je songeais aux épithètes de Huysmans, le désolant fromage, la redoutable sole, et que je m'imaginais le parti que Huysmans, qui ne les avait pas connus, aurait pu tirer de ces carcéraux casiers métalliques, et je me sentais un peu moins malheureux, un peu moins seul, au restaurant universitaire Bullier.
   Mais tout cela était fini ; ma jeunesse, plus généralement, était finie. Bientôt maintenant (et sans doute assez vite), j'allais devoir m'engager dans un processus d'insertion professionnelle. Ce qui ne me réjouissait nullement.


[Llevo tiempo con ganas de saber cómo escribe Knausgård, un noruego al que la mayoría pone por las nubes como "revelación" e impulso de la nueva novela. Lo suyo es una obra, Mi lucha, en 6 libros, y en España acaban de publicar el tercero.]

viernes, 8 de mayo de 2015

Llamadme Hulbek

La comida en Corbán dio como resultado objetivo que leeremos Sumisión, este libro tan distinto del anterior. Los dos escritores parecen opuestos. Aquel ordenado y flaubertiano, este provocador y celiniano.


Desde luego, el estilo, la trama, la historia, la dificultad, lo sugerido, la complejidad aparente, vaya, no tienen nada que ver (si aquel apolíneo, este dionisiaco). Y sin embargo... Ya hablaremos, pero la narración descarnada y pornográfica no debería impedirnos ver que se trata del ser humano, otra vez. Las críticas superficiales hablan sobre todo de un estado islámico en Francia y patatín. Para mí es como decir que Centauros del desierto es una película del Oeste o que Moby Dick trata de una ballena.

Sobre Huysmans, curioso y original escritor de finales del XIX (simbolista, decadentista,...), y no demasiado conocido en España (tampoco en Francia), elegido como (casi) último refugio del narrador, os dejo un enlace a su obra principal que podéis descargar en epub o para kindle .

[Un recuerdo a mi compañero Antonio Amor, especialista en su obra, hablándome de él hace 20 años, tomándonos una cerveza en el Libanés de Levallois.]



I

Un guirigay le devolvió a Saint-Sulpice; la escolanía se marchaba; iban a cerrar la iglesia. Debería haber intentado rezar, se dijo; hubiera sido mejor que soñar despierto sentado en una silla; pero ¿rezar? No me apetece; el catolicismo me fascina, su atmósfera de incienso y de cera me embriaga, merodeo a su alrededor, conmovido por sus plegarias hasta que se me saltan las lágrimas y exprimido hasta el tuétano por sus cantos y salmodias. Estoy asqueado de mi existencia, harto de mí mismo, pero ¡de ahí a llevar otra vida, hay mucho trecho! Y además... además... aunque en las capillas me sienta turbado, en cuanto salgo de ellas vuelvo a quedarme indolente y seco. En el fondo, se dijo, levantándose y siguiendo a las pocas personas que conducidas por el bedel se dirigían hacia la puerta, en el fondo, tengo el corazón endurecido y ahumado por las parrandas, no valgo para nada. 

J.-K. HUYSMANS, En camino



Durante todos los años de mi triste juventud, Huysmans fue para mí un compañero, un amigo fiel; jamás dudé, jamás estuve tentado de abandonar ni de decantarme por otro tema; al fin, una tarde de junio de 2007, después de esperar mucho tiempo, después de mucho vacilar y más incluso de lo admisible, defendí mi tesis doctoral ante el tribunal de la Universidad de París IV-Sorbona: Joris-Karl Huysmans, o la salida del túnel. A la mañana siguiente (o tal vez esa misma noche, no puedo asegurarlo, pues la noche de mi defensa fue solitaria y muy alcoholizada), comprendí que acababa de concluir una parte de mi vida y que probablemente sería la mejor. 
   Eso es lo que les ocurre, en nuestras sociedades todavía occidentales y socialdemócratas, a cuantos acaban sus estudios, pero la mayoría no adquieren conciencia de ello o no lo hacen de forma inmediata, pues están hipnotizados por el deseo de dinero, o quizá de consumo los más primitivos, aquellos que han desarrollado una adicción más violenta a ciertos productos (son una minoría, pues la mayoría, más reflexivos y pausados, desarrollan una simple fascinación por el dinero, ese «infatigable Proteo»), y más hipnotizados aún por el deseo de demostrar su valía, de labrarse un estatus social envidiable en un mundo que imaginan y esperan competitivo, galvanizados por la adoración de iconos variables: deportistas, diseñadores de moda o de portales de Internet, actores y modelos. 
   Por diferentes razones psicológicas que no tengo ni la capacidad ni el deseo de analizar, me alejaba sensiblemente de ese esquema. El 1 de abril de 1866, cuando contaba dieciocho años, Joris-Karl Huysmans inició su carrera como funcionario de sexta clase en el Ministerio del Interior y de los Cultos. En 1874 publicó a expensas del autor un primer libro de poemas en prosa, Le drageoir à épices, que fue objeto de pocas recensiones aparte de un artículo, extremadamente fraternal, de Théodore de Banville. El inicio de su existencia, como puede verse, no fue atronador. 
   Transcurrió su vida administrativa, y en general su vida. El 3 de septiembre de 1893 se le concedió la Legión de Honor por sus méritos en el seno de la función pública. En 1898 se jubiló habiendo cumplido –una vez deducidas las excedencias voluntarias por interés particular– los treinta años de servicio reglamentarios. Mientras tanto halló la manera de escribir varios libros que, a más de un siglo de distancia, me habían hecho considerarle un amigo. Muchas cosas, demasiadas cosas quizá se han escrito sobre la literatura (y, como universitario especialista en la cuestión, me siento más capacitado que otros para hablar de ello). Sin embargo, la especificidad de la literatura, «arte mayor» de ese Occidente que está llegando a su fin ante nuestros ojos, no es difícil de definir. Al igual que la literatura, la música puede determinar un cambio radical, una conmoción emocional, una tristeza o un éxtasis absolutos; al igual que la literatura, la pintura puede generar asombro, una nueva mirada ante el mundo. Pero sólo la literatura puede proporcionar esa sensación de contacto con otra mente humana, con la integralidad de esa mente, con sus debilidades y sus grandezas, sus limitaciones, sus miserias, sus obsesiones, sus creencias: con todo cuanto la emociona, interesa, excita o repugna. Sólo la literatura permite entrar en contacto con el espíritu de un muerto, de manera más directa, más completa y más profunda que lo haría la conversación con un amigo, pues por profunda, por duradera que sea una amistad, uno nunca se entrega en una conversación tan completamente como lo hace frente a una hoja en blanco, dirigiéndose a un destinatario desconocido. Por supuesto, tratándose de literatura, la belleza del estilo y la musicalidad de las frases tienen su importancia; no cabe desdeñar la profundidad de la reflexión del autor ni la originalidad de sus pensamientos; pero ante todo un autor es un ser humano, presente en sus libros, y en definitiva poco importa que escriba muy bien o muy mal, lo esencial es que escriba y que esté, efectivamente, presente en sus libros (es extraño que una condición tan simple, tan poco discriminatoria en apariencia, lo sea tanto en realidad, y que ese hecho evidente, fácilmente observable, haya sido tan poco explotado por los filósofos de corrientes diversas: dado que los seres humanos poseen en principio, a falta de cualidad, una misma cantidad de ser, en principio todos están más o menos igualmente «presentes»; no es ésa sin embargo la impresión que dan a unos siglos de distancia, y con demasiada frecuencia vemos, a lo largo de las páginas que sentimos dictadas por el espíritu del tiempo más que por una individualidad propia, cómo se deshilacha un ser incierto, cada vez más fantasmagórico y anónimo). Igualmente, un libro que nos gusta es ante todo un libro del que nos gusta el autor, al que deseamos conocer y con el que apetece pasar los días. Y durante los siete años que duró la redacción de mi tesis viví en compañía de Huysmans, en su presencia casi permanente. Huysmans nació en la rue Suger, vivió en la rue de Sèvres y en la rue Monsieur, murió en la rue Saint-Placide y fue inhumado en el cementerio de Montparnasse. En suma, su vida se desarrolló casi entera en los límites del distrito VI de París, al igual que su vida profesional, durante más de treinta años, se desarrolló en los despachos del Ministerio del Interior y de los Cultos. Vivía yo entonces también en el distrito VI de París, en una habitación húmeda y fría, sobre todo extremadamente oscura: las ventanas daban a un patio minúsculo, casi un pozo, y había que encender la luz desde buena mañana. Era pobre y de haber tenido que responder a una de esas encuestas que regularmente pretenden «tomar el pulso de la juventud», sin duda habría definido mis condiciones de vida como «más bien difíciles». Sin embargo, la mañana siguiente a mi defensa de la tesis (o quizá la misma noche), mi primer pensamiento fue que acababa de perder algo inapreciable, algo que nunca volvería a recuperar: mi libertad. Durante varios años, los últimos residuos de una agonizante socialdemocracia me permitieron (mediante una beca de estudios, un amplio sistema de descuentos y de ventajas sociales, unas comidas mediocres pero baratas en el restaurante universitario) consagrar mis días a la actividad que había elegido: la libre frecuentación intelectual de un amigo. Como escribe con propiedad André Breton, el humor de Huysmans constituye un caso único de un humor generoso que permite al lector ir un paso por delante, que invita al lector a burlarse anticipadamente del autor, del exceso de sus descripciones quejumbrosas, atroces o risibles. Y disfruté más que nadie de esa generosidad al recibir mis raciones de ensalada de apio con salsa rémoulade o de puré de bacalao en los compartimentos de la bandeja metálica de hospital que el restaurante universitario Bullier entregaba a sus desafortunados usuarios (aquellos que manifiestamente no tenían ningún otro lugar adonde ir, que sin duda habían sido rechazados en todos los restaurantes universitarios aceptables pero que, sin embargo, contaban con su carnet de estudiante y eso no se lo podían quitar), pensando en los epítetos de Huysmans, el desolador queso, el temible lenguado e imaginando el partido que Huysmans, que no los conoció, hubiera podido sacar de aquellos compartimentos metálicos carcelarios, y me sentía un poco menos desgraciado, un poco menos solo, en el restaurante universitario Bullier.
   Pero todo eso había acabado; mi juventud, de forma más general, había acabado. Pronto (y sin duda bastante deprisa) tendría que incorporarme al proceso de inserción profesional. Y no me hacía ninguna ilusión.


Como es sabido, los estudios universitarios de letras no ofrecen casi ninguna salida, salvo a los estudiantes más capacitados para hacer carrera en la enseñanza universitaria en el campo de las letras: se trata en resumidas cuentas de una situación bastante chusca en la que el único objetivo del sistema es su propia reproducción y que genera una tasa de desechos superior al 95 %. Esos estudios, sin embargo, no son nocivos e incluso pueden tener una utilidad marginal. Una chica que aspire a un trabajo de dependienta en Céline o Hermès deberá, ante todo, cuidar su presencia; pero una licenciatura o un máster de letras modernas pueden constituir una baza accesoria que, a falta de competencias prácticas, garantice al empleador cierta agilidad intelectual que permita augurar la posibilidad de una evolución en la carrera: la literatura, además, siempre ha tenido una connotación positiva dentro de la industria del lujo. 
   Por mi parte, era consciente de formar parte de la reducida franja de los «estudiantes más capacitados». Había escrito una buena tesis, lo sabía, y esperaba una mención honorífica; quedé gratamente sorprendido por la felicitación unánime del tribunal y sobre todo cuando descubrí mi informe de tesis, que era excelente, casi ditirámbico: con ello tenía muchas posibilidades, si lo deseaba, de conseguir una plaza de profesor. En resumidas cuentas, mi vida, por su previsible uniformidad y banalidad, seguía pareciéndose a la de Huysmans un siglo y medio atrás. Había pasado los primeros años de mi vida adulta en una universidad; probablemente allí pasaría también los últimos, y quizá en la misma (no fue exactamente así: obtuve mi titulación en la Universidad de París IV-Sorbona y fui nombrado profesor en la de París III, un poco menos prestigiosa, pero igualmente situada en el distrito V, a unos cientos de metros de distancia). 
   Nunca tuve la menor vocación docente y, quince años más tarde, mi carrera no había hecho más que confirmar esa falta de vocación inicial. Las pocas clases particulares que di con la esperanza de mejorar mi nivel de vida me convencieron enseguida de que en la mayoría de las ocasiones la transmisión del saber es imposible, la diversidad de las inteligencias es extrema y que nada puede suprimir ni siquiera atenuar esa desigualdad fundamental. Más grave aún: no me gustaban los jóvenes, y nunca me habían gustado, ni siquiera en los tiempos en que se me podía considerar un miembro de sus filas. A mi entender, la idea de juventud implicaba cierto entusiasmo respecto a la vida, o tal vez cierta rebelión, todo ello acompañado de una vaga sensación de superioridad respecto a la generación a la que tendríamos que reemplazar; nunca sentí, dentro de mí, algo semejante. Sin embargo, en mi época de juventud tuve amigos o más exactamente hubo algunos condiscípulos con los que podía contemplar, sin disgusto, ir a tomar un café o una cerveza entre clases. Sobre todo, tuve amantes –o mejor, como se decía en la época (y como quizá aún se diga), tuve ligues– a razón más o menos de una por año. Esas relaciones amorosas se desarrollaron siguiendo un esquema relativamente inmutable. Nacían al principio del curso universitario a raíz de un seminario, de un intercambio de apuntes, o de una de las múltiples ocasiones de socialización, tan frecuentes en la vida de estudiante, y cuya desaparición consecutiva a la incorporación a la vida profesional sume a la mayoría de los seres humanos en una soledad tan asombrosa como radical. Seguían su curso a lo largo del año, pasando noches en casa del uno o del otro (sobre todo en casa de ellas, pues el ambiente tétrico e insalubre de mi habitación se prestaba mal a citas amorosas), llevando a cabo actos sexuales (con una satisfacción que me complace imaginar mutua). La relación acababa después de las vacaciones de verano, es decir, al inicio del nuevo curso universitario, casi siempre por iniciativa de las chicas. Habían vivido algo durante el verano, ésa era la explicación que solían darme, sin precisiones complementarias; algunas, a las que sin duda no les importaba herirme, me precisaban que habían conocido a alguien. Sí, ¿y qué? Yo también era alguien. Con la distancia, esas explicaciones factuales me parecen insuficientes: efectivamente, y no lo niego, habían conocido a alguien; pero lo que les había hecho atribuir a ese encuentro un peso suficiente para interrumpir nuestra relación y para entablar una nueva relación era simplemente la aplicación de un modelo de comportamiento amoroso poderoso pero implícito, y más poderoso aún por ser implícito. 
   Según el modelo amoroso imperante en mis años de juventud (y nada me hacía pensar que las cosas hubieran cambiado significativamente), se suponía que los jóvenes, después de un periodo de vagabundeo sexual correspondiente a la preadolescencia, se comprometían con relaciones amorosas exclusivas, acompañadas de una estricta monogamia, en las que entraban en juego actividades no sólo sexuales sino también sociales (salidas, fines de semana, vacaciones). Esas relaciones, sin embargo, no eran definitivas y había que considerarlas aprendizajes de la relación amorosa, en cierta medida prácticas (al igual que se habían generalizado los periodos de prácticas profesionales como paso previo al primer empleo). Se suponía que debían sucederse relaciones amorosas de duración variable (la duración de un año que yo había observado podía considerarse aceptable) y en número variable (una media de diez a veinte parecía una aproximación razonable) para desembocar en una apoteosis en la relación última, la que tendría un carácter conyugal y definitivo, y conduciría, mediante el engendramiento de hijos, a la constitución de una familia. 
   La perfecta inanidad de ese esquema no se me haría patente hasta mucho más tarde, muy recientemente de hecho, cuando tuve ocasión, con unas semanas de intervalo, de encontrarme por casualidad de nuevo con Aurélie y luego con Sandra (aunque estoy convencido de que haber vuelto a ver a Chloé o a Violaine no hubiera modificado sensiblemente mis conclusiones). En cuanto llegué al restaurante vasco al que había invitado a cenar a Aurélie, comprendí que iba a ser una velada siniestra. A pesar de las dos botellas de Irouléguy blanco que me bebí prácticamente solo, sentí una creciente dificultad, que pronto se volvió insalvable, para mantener un nivel razonable de comunicación calurosa. Sin que lograra verdaderamente explicármelo, enseguida me pareció indelicado y casi impensable evocar recuerdos comunes. En cuanto al presente, era evidente que Aurélie no había logrado entablar una relación conyugal, que las aventuras ocasionales cada vez la hastiaban más, en resumen, que su vida sentimental se encaminaba a un desastre irremediable y absoluto. Sin embargo, lo había intentado por lo menos una vez, como comprendí por diversos indicios, y no se había recuperado de ese fracaso, el resentimiento y la acritud con que evocaba a sus colegas masculinos (a falta de algo mejor, nos pusimos a hablar de su vida profesional, era responsable de comunicación en el sindicato interprofesional de los vinos de Burdeos y por consiguiente viajaba mucho, en particular a Asia, para promocionar los vinos franceses) revelaban con cruel evidencia que estaba muy castigada. Me sorprendió cuando, sin embargo, me invitó, justo antes de salir del taxi, a «tomar una última copa», está realmente para el arrastre, me dije, ya sabía en cuanto se cerraron las puertas del ascensor detrás de nosotros que no pasaría nada, no me apetecía siquiera verla desnuda, hubiera preferido evitarlo pero, sin embargo, ocurrió y no hizo más que confirmar lo que ya presentía: no sólo estaba castigada en el terreno emocional sino que su cuerpo también había sufrido daños irreparables, sus nalgas y sus senos eran superficies de carne enflaquecidas, reducidas, fláccidas y colgantes, ya no podía, ya no podría ser considerada nunca un objeto de deseo. 
   Mi cena con Sandra se desarrolló más o menos siguiendo el mismo esquema, salvo variaciones individuales (restaurante de marisco, cargo de secretaria de dirección en una multinacional farmacéutica) y la conclusión fue a grandes rasgos idéntica salvo que Sandra, más rolliza y jovial que Aurélie, me dio una sensación de desamparo menos profunda. Su tristeza era muy grande, irremediable, y sabía que acabaría anegándolo todo; al igual que Aurélie, en el fondo no era más que un pájaro cubierto de chapapote, pero conservaba, por así decirlo, mayor capacidad para batir las alas. En uno o dos años habría dejado de lado cualquier ambición matrimonial, su sensualidad aún no extinguida del todo la empujaría a buscar la compañía de jóvenes, se convertiría en lo que en mi juventud se llamaba una cougar y eso duraría sin duda unos años, una decena en el mejor de los casos, hasta que el decaimiento esta vez insalvable de sus carnes la conduciría a una soledad definitiva. 

   A mis veinte años, en aquellos tiempos en que me empalmaba con cualquier pretexto y a veces incluso sin razón alguna, cuando en cierta manera me empalmaba porque sí, podría haberme tentado una relación de ese tipo, a la vez más satisfactoria y más lucrativa que mis clases particulares, creo que en esa época hubiera podido cumplir, pero ahora por descontado estaba fuera de discusión, pues mis erecciones, más raras y más azarosas, exigían cuerpos firmes, ligeros y sin defectos. 
   Mi propia vida sexual, los primeros años que siguieron a mi nombramiento como profesor de la Universidad de París III-Sorbona, no conoció una evolución notable. Seguía acostándome, año tras año, con alumnas de la facultad, y el hecho de que me hallara en la posición de docente respecto a ellas no cambiaba mucho las cosas. La diferencia de edad con esas alumnas, sea como fuere, era al principio bastante pequeña y sólo poco a poco se introdujo una dimensión de transgresión, ligada más a la evolución de mi estatus universitario que a mi envejecimiento real o incluso aparente. Gozaba a fin de cuentas de esa desigualdad de base que hace que el envejecimiento en el hombre sólo altere muy lentamente su potencial erótico, mientras que en el caso de la mujer el hundimiento se produce con una asombrosa brutalidad, en unos años, a veces en unos meses. La única verdadera diferencia con respecto a mis años de estudiante era que, por lo general, ahora era yo quien ponía fin a la relación al inicio del curso universitario. No lo hacía en absoluto por donjuanismo ni por un desenfrenado deseo de libertinaje. Contrariamente a mi colega Steve, encargado como yo de enseñar la literatura del siglo XIX en primero y segundo, no me precipitaba con avidez ya el primer día de clases a ver las «novedades» de las alumnas de primer curso (con sus sudaderas, sus zapatillas Converse y su aspecto vagamente californiano, Steve me recordaba a Thierry Lhermitte en la película Les Bronzés, cuando sale de su cabaña para asistir a la llegada al club de las veraneantes de la semana). Si interrumpía mi relación con esas chicas era sobre todo a causa del desánimo y la fatiga: ya no me sentía realmente en condiciones de mantener una relación amorosa y deseaba evitar desengaños y desilusiones. Cambiaba de opinión durante el curso universitario, bajo la influencia de factores externos y muy anecdóticos, en general una minifalda.
   Y luego también eso se acabó. Corté con Myriam a finales de septiembre, estábamos a mediados de abril, pronto se acabaría el curso universitario y aún no la había reemplazado. Había obtenido la cátedra y con ello mi carrera alcanzaba una especie de culminación, pero no pensaba que hubiera relación entre una cosa y otra. Fue por el contrario poco después de mi separación de Myriam cuando volví a ver a Aurélie, y luego a Sandra, y ahí había una conexión inquietante, y desagradable, e incómoda. Porque dándole vueltas a lo largo de los días me di cuenta de que mis ex y yo estábamos en una situación más parecida de lo que imaginábamos, las relaciones sexuales esporádicas no inscritas en una perspectiva de pareja duradera habían acabado inspirándonos un sentimiento de desilusión comparable. Al contrario que ellas, yo no podía hablar de ello con nadie, puesto que las conversaciones sobre la vida íntima no forman parte de los temas considerados admisibles en la sociedad de los hombres: hablan de política, de literatura, de los mercados financieros o de deportes, según su naturaleza; guardan silencio sobre su vida amorosa, hasta su último aliento. 
   ¿Era, al envejecer, víctima de una especie de andropausia? Podría ser, y para tener la conciencia tranquila decidí pasar las noches en YouPorn, que con los años se había convertido en la página porno de referencia en Internet. El resultado fue, de entrada, extremadamente tranquilizador. YouPorn respondía a las fantasías de los hombres normales, repartidos por la superficie del planeta, y yo era, como se confirmó al cabo de los primeros minutos, un hombre de una absoluta normalidad. A fin de cuentas no era algo evidente, pues había consagrado gran parte de mi vida al estudio de un autor considerado a menudo una especie de decadente cuya sexualidad no era por ello un asunto muy claro. La verdad es que salí muy tranquilizado de esa prueba. Aquellos vídeos magníficos (rodados por un equipo de Los Ángeles que contaba con profesionales, iluminadores, tramoyistas y cámaras) o cutres pero vintage (los amateurs alemanes) se basaban en unos pocos guiones idénticos y agradables. En uno de los más usuales, un hombre (¿joven o viejo?, existían las dos versiones) dejaba dormitar tontamente su pene en el fondo de un calzoncillo o de unos shorts. Al percatarse de tal incongruencia, dos chicas de raza variable no cejaban hasta liberar al órgano de su refugio temporal. Para alegrarlo le prodigaban enloquecedoras carantoñas que perpetraban con un espíritu de amistad y complicidad femeninas. El pene pasaba de una boca a otra, las lenguas se entrecruzaban como se cruzan los vuelos de las golondrinas, ligeramente inquietas, en el cielo oscuro del sur de Sena y Marne, cuando se disponen a marcharse de Europa en su peregrinación de invierno. El hombre, anonadado por esa asunción, sólo pronunciaba unas débiles palabras; tremendamente débiles en el caso de los franceses («¡Oh, joder!», «¡Oh, joder, me corro!», eso era cuanto podía esperarse de un pueblo regicida), más bellas e intensas en el caso de los norteamericanos («Oh my God!», «Oh Jesus Christ!»), exigentes testigos, en cuya boca parecían una conminación a no desatender los dones de Dios (las felaciones, el pollo asado), sea como fuere, yo también me empalmaba detrás de mi pantalla iMac de 27 pulgadas, así que todo iba bien.


[Dicen que nos esperan días de fuerte calor. Como sea, un mes debería bastar como límite para leerlo. Mientras, también se puede escribir, opinar y disentir que, si miramos a Inglaterra, que Alá nos coja confesados: